Magicien et tours de magie au 18em siècle
 
Tours de magie de Cagliostro

Tours de magie de Cagliostro

Tours de magie avec BalsamoA Malte, il eut en effet des rapports avec le susdit Grand Maître, mais uniquement parce que celui-ci nourrissait pour l'alchimie une passion malheureuse que Balsamo sut adroitement exploiter.
Avec l'amour de la vie, l'amour de l'or fut la  passion sur laquelle Cagliostro s'appliqua le plus à fonder son empire. Il savait que ce sont les deux sentiments les plus vivaces de l’homme. L'élixir de longue vie et la pierre philosophale furent les principaux instruments de son règne. Il y joignit les relations avec le monde surnaturel, la prédiction de l'avenir et les apparitions. Pour évoquer les ombres des grand hommes, les anges et les prophètes de l’ancien Testament , il avait à se disposition tout un arsenal de trucs, tout un répertoire, de fantasmagorie .

Ce thaumaturge était un spirite avant lettre, un médium de la première heure, complétant son industrie par l'emploi du magnétisme et de l’escamotage. Un de ses tours de magie favoris et des plus saisissants  consistait à faire lire dans un vase rempli d'eau par une voyante, c'est-à-dire une petite fille en état d'innocence parfaite, née sous une constellation favorable, ayant les yeux bleus, l'âme sensible et les nerfs délicats. Cela se faisait à grands renforts de prières et de paroles cabalistiques ; l'eau se troublait et s'agitait. Il s’y formait des figures que la voyante non sans tomber dans les convulsions, décrivait à l'auditoire effrayé. C'était un tour de magie facile mais tellement ahurissant.

Les plus grands personnages, depuis le Cardinal de Rohan jusqu'au comte d'Estaing, surtout les femmes les plus distinguées par leur naissance et leur fortune, comptèrent parmi les adeptes de Cagliostro, ce fabuleux maître pour essayer d'apprendre des tours de magie. En résumé, ces merveilleuses jongleries aboutirent à une fin misérable.

La fin tragique de ce magicien


Impliqué, comme on le sait, dans l'affaire du collier, Cagliostro fut jeté à la Bastille, puis banni de France le 8 mai 1786. Il erra encore quelque temps à travers l'Europe, cherchant à ressaisir son prestige détruit. Le Saint-Siège le fit arrêter à Rome le 27 novembre 1789 et conduire au château Saint-Ange. Les pièces de son procès, qui réveilla vivement la curiosité de l'Europe ont été publiées. Il confessa la plupart de ses impostures, tout en soutenant la vérité des apparitions qu'il évoquait par l'intermédiaire de la voyante. On sait qu'il fut condamné à mort et que le pape Pie VII commua la peine capitale en une détention perpétuelle. Les génies qu'il avait à ses ordres ne vinrent cependant pas le délivrer, et il mourut en prison vers 1796, à peu près oublié de tous ses fanatiques. Ainsi était déjà mort le comte de Saint-Germain, ainsi devaient mourir Mesmer et plus tard Dunglas Home, ainsi s'éteignirent tous ces grands feux de paille qui illuminaient le triste chapitre des superstitions humaines en magie, ne laissant après eux qu'un peu de cendre noircie dans les bas-fonds de l'histoire.
Mais laissons là ces charlatans de haut vol, ces aventuriers ambitieux qui ont méprisé les gobelets, la muscade et les boîtes à double fond et autres tours de cartes et ont préféré une réputation troublée pleine d'orages et de mécomptes, à la gloire pure et tranquille dont ils eussent pu jouir en restant simplement d'honnêtes artistes.
Heureusement nous pouvons revendiquer, même à cette époque, des noms moins, entachés que ceux-là, de véritables successeurs de maître Gonin, dans la bonne acception du nid, qui se sont contentés de mettre leur génie inventif au service d'une cause plus avouable et qui n'ont employé leur adresse manuelle ou intellectuelle qu'aux profit de leurs expériences, sans songer à se poser en envoyés de la Providence ou en mages de la Divinité.